Titres
Formation en 1990
Nick D'Virgilio [batteur], Dave Gregory [], Rachel Hall [violon,violoncelle], David Longdon [flute,percussions], Danny Manners [clavier], Andy Poole [clavier], Rikard Sjöblom [clavier], Greg Spawton [chanteur]
Je crois que je tiens mon premier candidat à l’album de l’année, le nouveau Big Big Train.
En écoutant l’avant-dernier morceau ‘Counting Stars’, mon cœur avait immédiatement chaviré et lorsque j’ai enfin pu écouter les seize titres de l’album, j’ai tout de suite su que j’allais adorer Woodcut.
Il est vrai que j’écoute de moins en moins de concept albums et encore moins de rock progressif. Avec les années, je suis devenu de plus en plus forgeron. N’empêche, un album de prog symphonique rempli de cuivres, de cordes, de guitares, de piano et de claviers vintages, quand c’est bien écrit, cela fonctionne toujours.
Si j’avais eu du mal avec l’arrivée d’Alberto Bravin au chant, lorsqu’il essayait encore de faire du David Longdon, sur Woodcut, je trouve sa performance fabuleuse.
Les compositions hésitent entre du Big Big Train très british et la grandiloquence d’un Transatlantic ou d’un Neal Morse Band, ce qui est un peu la même chose. Les claviers ont gagné en emphase, les guitares se lâchent sur de magnifiques soli et la richesse instrumentale du groupe rajoute une couche épique à une partition déjà bien fournie.
Woodcut, c’est la gravure sur bois, cette technique qui permet d’imprimer des estampes à partir de l’encre retenue dans les sillons creusés sur la planche. L’album parle de l’artiste et de sa relation à son travail, des ciseaux à bois qui creusent la matière, de l’oeuvre qui se dessine en négatif, du monde qui se dévoile en noir et blanc.
L’idée de cette histoire est venue à Alberto Bravin et Gregory Spawton en visitant le musée Munch de Oslo, lorsqu’ils découvrirent le travail de l’artiste. A partir d’une gravure sur bois, ils écrivirent un concept album sur, je cite, l’exploration de l’universel à travers la lumière et l’obscurité des espoirs artistiques et des rêves contrariés.
L’album sort régulièrement de la zone de confort prog symphonique pour prendre son envol comme dans l’instrumental totalement débridé ‘Cut and Run’ aux multiples soli de guitares et de claviers ou dans le brillantissime ‘The Artist’ qui voyage entre Genesis et pur rock, au passage un des titres phare de cet album.
Je pourrais citer également l’excellent ‘Albion Press’ aux tonalités très US avec sa basse et ses claviers qui me rappellent la musique de Spock’s Beard, oui encore Neal Morse décidément…‘Warp and Weft’ va encore une fois en surprendre plus d’un, que ce soit par ses harmonies vocales ou sa musique tout sauf british.
Mais rassurez-vous, si vous n’aimez pas le changement. Big Big Train donne également dans le classique avec le folk ‘The Sharpless Blade’, l’acoustique ‘Chimaera’, ‘Arcadia’, ‘Dead Point’ et bien sûr le magnifique ‘Counting Stars’.
C’est l’avantage de proposer plein de morceaux sur une même galette. Il y en a pour tous les goûts.
On aurait pu s’attendre à des titres à rallonge pour un concept album de plus d’une heure, mais Big Big Train a choisi au contraire de composer de nombreux morceaux relativement courts, allant de trente sept secondes à sept minutes seize. On est bien loin des longs formats tels que ‘East Coast Racer’, ‘Beneath the Masts’ ou ‘Underfall Yard’ par exemple.
Nous ne sommes qu’en février, mais je vous préviens, il va falloir que 2026 me réserve de sacrés surprises pour détrôner Woodcut du titre tant convoité d’album de l’année. Il s’agit pour moi du meilleur album de Big Big Train depuis leur débuts et dieu sait qu’ils en ont déjà composé de fabuleux à ce jour.
Et vous savez quoi, ils seront en plus chez Paulette le 4 octobre, autant dire que je vais tout faire pour être au rendez-vous.